Vous avez encore du travail à finir ?
Le sport peut attendre. Demain aussi, si le travail déborde.
Et puis quelqu’un vous lance : les entrepreneurs qui soulèvent lourd gagneraient plus d’argent.
Vrai ou faux ? Peut-être que leurs revenus leur donnent simplement plus de temps pour s’entraîner.
La question qui m’intéresse davantage : qu’est-ce que ces heures de sport changent dans vos journées ?
Pas seulement dans le miroir. Dans la façon de tenir un rendez-vous avec vous-même, même quand les dossiers ne vous laissent aucun répit.
D’où vient cette histoire de sport et d’argent ?
14 à 17 % de revenu en plus : c’est l’ entre les hommes physiquement actifs et les moins actifs dans une étude scientifique portant sur 5 042 hommes jumeaux finlandais.
En Chine, une autre étude scientifique, fondée sur une enquête auprès de 20 783 personnes, estime 3,79 % de revenu personnel en plus chez les pratiquants réguliers, par rapport à un pour eux sans cette habitude.
Pieter Levels a baptisé « » un panier d’actions d’entreprises dirigées par des sportifs. Mais le cours des actions n’est pas le revenu des dirigeants.
On se prépare quand on n’en a pas encore besoin
De mon côté, j’ai planifié mes séances, suivi mes progrès, puis repris cette façon d’ajuster mes plans ailleurs dans ma vie.
Quand la semaine respire encore, il reste toujours du travail à faire. C’est là que je peux au sport.
Une fois les dossiers empilés, déplacer un rendez-vous devient autrement plus difficile. Ce n’est pas une histoire de volonté héroïque.
Diriger une entreprise peut ressembler à un sport extrême : décider, assumer, recommencer quand la journée s’allonge. Une mauvaise semaine peut coûter cher à l’activité. La préparation n’enlève pas la pression, elle vous évite d’essayer de bâtir une routine au milieu de la tempête.
Un athlète s’entraîne avant la compétition. Vous pouvez aussi vous préparer avant les semaines de pression.
S’entraîner ne remplace pas le sommeil. Parfois, c’est le travail qui doit ralentir.
Bouger peut aider. Trop en faire peut vous vider.
Une méta-analyse de 81 essais (7 050 personnes) trouve en moyenne moins de et davantage d’énergie ressentie chez les groupes qui pratiquent l’exercice, par rapport aux témoins.
Pour l’, une autre synthèse de 28 méta-analyses portant sur des adultes de profils variés relève une baisse médiane des symptômes avec l’activité physique, comparée aux soins habituels.
De quoi avoir envie de bouger : un peu d’activité pourrait vous aider à vous sentir moins fatigué et moins anxieux. Mais remplir une semaine déjà pleine n’est pas un bon échange.
Si vous planifiez tout, gardez d’abord du temps libre pour les imprévus. Puis choisissez une petite séance qui tient dans la marge restante, sans rogner sur le sommeil. Si cette marge n’existe pas, allégez la semaine avant d’ajouter du sport.
Votre travail dépend aussi de votre santé physique
Demain, une douleur au dos vous empêche de rester devant l’écran. Les décisions et les rendez-vous, eux, sont toujours là. Il faut les déplacer, les déléguer ou les prendre malgré la gêne : votre corps est aussi dans votre journée de travail.
J’ai vu des entrepreneurs souffrir du dos au point que leur travail en pâtisse. Quand toutes les décisions passent par vous, votre indisponibilité ralentit aussi l’entreprise.
Bouger en amont ne garantit pas un dos sans douleur. Si elle persiste ou s’aggrave, ne forcez pas pour sauver une séance : demandez un avis adapté.
Vous prévoyez un budget pour les imprévus quand la trésorerie va bien ? Garder du temps pour bouger suit la même logique.
Un boost de confiance indispensable
Quand on entreprend, on ne peut pas prévoir toutes les décisions ni tous les imprévus. Si, comme moi, vous doutez souvent et réfléchissez trop, avoir un plan simple et le suivre peut vous rassurer.
Quand je prévois une séance et que je la fais, je vois que j’ai tenu ce rendez-vous avec moi-même. On peut aussi noter les mouvements réalisés et les charges utilisées pour repérer ce qui progresse et ce qui doit changer la fois suivante. Ce plan suivi me donne un point d’appui quand le reste de la semaine bouge.
Ce n’est pas une garantie de signer des contrats. Mais cette confiance gagnée sur quelque chose de concret m’aide à affronter les imprévus.
Pas besoin d’attendre le programme parfait. L’Organisation mondiale de la santé rappelle que toute quantité d’activité physique vaut mieux qu’aucune.
J’avais la flemme d’aller à la salle. J’ai commencé chez moi.
Pour commencer, je savais que j’aurais la flemme d’aller à la salle. Alors j’ai fait mes séances chez moi.
Chez moi, je pouvais fournir un effort assez intense sans m’imposer le trajet. C’était suffisant pour m’y mettre.
Un soir chargé, le trajet peut suffire à faire sauter la séance. Chez soi, on peut garder une version courte quand le temps manque.
Une séance ratée donne aussi une information : créneau mal choisi, déplacement trop long, programme trop ambitieux. On corrige une variable et on réessaie. Le plan doit s’adapter à la semaine, pas l’inverse.
Et l’argent, alors ?
Dans mon quotidien, le calcul est plus simple : garder une séance que je peux refaire, voir comment je me sens et ajuster le plan quand la semaine change. Les recherches sur la fatigue et l’anxiété donnent des raisons de tenter l’expérience ; elles ne promettent pas une hausse de revenu. Si j’arrive plus disponible au travail, il reste encore à décider quoi faire de cette marge.
Le point de départ tient dans votre semaine : une séance assez simple pour pouvoir la refaire, même quand le travail déborde. Si une douleur impose des précautions, adaptez-la avec un professionnel.
Le premier résultat n’arrivera peut-être pas sur votre compte en banque. Il se verra le soir où votre plan tiendra, sans vous épuiser davantage.
Sources
- Hyytinen et Lahtonen, revenus enregistrés sur quinze ans chez des hommes jumeaux finlandais (Social Science & Medicine, 2013) : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0277953613004188
- Xiao et ses collègues, enquête chinoise de 2016 et estimations modélisées de revenus (Nutrients, 2022) : https://www.mdpi.com/2072-6643/14/17/3522
- Pieter Levels, présentation personnelle de son « Deadlift ETF » et de sa comparaison avec le S&P 500 (déclaration, pas étude scientifique sur les revenus) : https://levels.io/deadlift-etf-ceos-lift-weights-outperforms-sp500
- S&P Dow Jones Indices, présentation du S&P 500 et de sa composition : https://www.spglobal.com/spdji/en/documents/additional-material/sp-500-brochure.pdf
- Pieter Levels, présentation de Nomad List et de son activité : https://levels.io/nomad-list-founder
- Wender, Manninen et O’Connor, méta-analyse de 81 essais sur les ressentis d’énergie et de fatigue (Frontiers in Psychology, 2022) : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9206544/
- Singh et ses collègues, revue de 97 synthèses d’essais sur la dépression, l’anxiété et la détresse (British Journal of Sports Medicine, 2023) : https://bjsm.bmj.com/content/57/18/1203
- Organisation mondiale de la santé, fiche Physical activity et repères pour commencer à bouger : https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/physical-activity
- Peng et ses collègues, planification et activité physique : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9223740/
Cuong · Paris